Yves Cortez
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<<Please take away the term "creole" and put "simplification by bad use of Latin by non native speakes coming in great numbers from outside the imperium romanum", then everything becomes less ambigous.>>
-- Non. La cohérence grammaticale de l'ensemble des langues romanes peut pas être le résultat d'une créolisation. En particulier l'originalité du traitement des temps des verbes, qui n'est pas une dérivation logique du latin. Si créolisation il y avait eu, on aurait vu naître quantité de dialectes très différents entre eux, qui se seraient éventuellement agglomérés par grandes régions pour former des langues normées. Tel n'a pas été le cas. La fragmentation dialectale est un phénomène TARDIF. Il fut probablement un temps où langues d'oïl et d'oc n'étaient pas séparées. Le 'Serment de Strasbourg' ressemble à un provençal, voire à du catalan! ("pro christian poblo et nostro commun salvament"...). De même, un des plus ancien textes français est la Cantilène de Sainte-Eulalie, composée vers 880. Le 1er vers est quasiment de l'italien: "Buona pulcella fut Eulalia. Bel auret corps bellezour anima. Voldrent la ueintre li d[õ] inimi. Voldrent la faire diaule seruir. Elle nont eskoltet les mals conselliers. Quelle d[õ] raneiet chi maent sus en ciel. Ne por or ned argent ne paramenz. Por manatce regiel ne preiement. Niule cose non la pouret omq[ue] pleier. La polle sempre n[on] amast lo d[õ] menestier. E por[ ]o fut p[re]sentede maximiien. Chi rex eret a cels dis soure pagiens. Il[ ]li enortet dont lei nonq[ue] chielt. Qued elle fuiet lo nom xp[ist]iien. Ellent adunet lo suon element Melz sostendreiet les empedementz. Quelle p[er]desse sa uirginitet. Por[ ]os suret morte a grand honestet. Enz enl fou la getterent com arde tost. Elle colpes n[on] auret por[ ]o nos coist. A[ ]czo nos uoldret concreidre li rex pagiens. Ad une spede li roueret toilir lo chief. La domnizelle celle kose n[on] contredist. Volt lo seule lazsier si ruouet krist. In figure de colomb uolat a ciel. Tuit oram que por[ ]nos degnet preier. Qued auuisset de nos xr[istu]s mercit Post la mort & a[ ]lui nos laist uenir. Par souue clementia." De façon intéressante, tout comme le Serment de Strasbourg, cette plus ancienne "chanson" française provient d'un environnement bilingue, voire majoritairement germanique (souvent situé vers Liège ou Aix-la-Chapelle / Aachen). Sur le manuscrit fait suite, rédigé en vieux-moyen-allemand, le 'Ludwigslied' ou 'Rithmus Teutonicus' (le plus ancien chant allemand), écrit de la même main. Voir: http://www.hs-augsburg.de/~harsch/germanica/Chronologie/09Jh/Ludwigslied/lud_intr.html Il est permis d'en conclure que le 'roman' n'était pas un créole formé de façon aléatoire, mais dès alors une langue solidement structurée, bien établie grâce à son ancienneté, indemne de toute pidginisation, même sur ses frontières. |
